L'interview d'Isabelle
Passion Chemins
Présente-toi et dis nous, depuis quand es-tu saltusienne ?
Je suis née à Paris, j’ai toujours habitée à Paris mais mon arrière-grand-père et mon arrière-grand-mère font partie des plus anciennes familles de St Julien du Sault. Comme j’étais une petite fille très souvent malade, j’allais en convalescence ici et j’y passais toutes mes vacances. Donc je connais St Julien du Sault par cœur !
À partir de 12 ans je n’avais plus le droit de venir, sur ordre de ma mère, mais j’y allais quand même en secret pour aller tailler les rosiers de ma grand-mère et son lilas. Et à partir de 20 ans je revenais régulièrement pour les vacances. Comme les hirondelles, j’arrivais au printemps et je repartais en fin d’été.
Après plusieurs déménagements entre Paris, Joigny et ici, je me suis finalement installée ici dans les années 2000.
Quel est ton endroit préféré à Saint-Ju ?
J’en ai plusieurs… J’adorais aller dans le vieux cimetière, vers la Chapelle. Mais maintenant beaucoup de gens vont faire leurs besoins là-bas, il n’en reste plus grand chose et j’ai peur qu’il soit démoli ou déplacé.
Autrement, j’adorais aller à la Vallée aux Moines, quand tu prends le chemin qui remonte vers les bois après la rue du Chêne Martin. Quand j’étais jeune, c’était plein de vergers, ouverts comme à l’anglaise, entourés de bois. On traversait un élevage de lapins et des jardins pour y aller, avant la construction des lotissements dans les Hauts de Saint-Ju.
Et j’aime aussi beaucoup le chemin au bout de la rue du Bois frileux, en allant sur Verlin, qui suit le ru d’Ocques.
Raconte-nous ton meilleur souvenir au village !
C’est quand j’étais gamine, j’avais 9-10 ans. On était une bande de copains, tous à vélo, moi gardée par mon arrière-grand-mère il fallait que je rentre à l’angélus – c’était 18h35 – et on allait à Verlin, à la Chapelle, on faisait des pique-niques, on se cotisait pour acheter des bonbons… Et il y avait le garde champêtre, qui faisait tout à pied. Et à chaque fois qu’on allait quelque part, il était là !
On ne faisait pas de bêtises, tout le monde savait où on était, mais on était libres, on allait par monts et par vaux. Et à cette époque il y avait de belles fêtes. La fête de fin d’été par exemple, avec les courses en sacs de pommes de terre, sur la grande place devant l’école. Il y avait la fête de la gare, avec ses grandes balançoires. Il fallait voir aussi le marché le dimanche, qui prenait toute la place devant l’actuel cinéma. Et le marché du jeudi, seulement avec des produits d’agriculteurs locaux.
Cite une chose qui tu aimerais voir en plus ici :
Redynamiser les commerces ça serait pas mal, mais comment faire ? Ça c’est plus compliqué ! Refaire des fêtes saisonnières aussi, pas forcément culturelles, mais qui rassemblent tout le monde, comme le faisaient les Médiévales. J’adorerais aussi qu’on puisse récupérer les chemins communaux, pour qu’ils soient à nouveau accessibles à tous.
Passé le temps de ses balades en vélo à travers le village, Isabelle a été comédienne au théâtre pendant plusieurs années avant de se tourner vers l’écriture.
Chaque mois, retrouvez sur notre site le portrait d’une figure saltusienne.
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